lèvre

lèvre






 

Recherche

 

Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore... - Paul VERLAINE

Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore,
Puisque, après m'avoir fui longtemps, l'espoir veut bien
Revoler devers moi qui l'appelle et l'implore,
Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien,
C'en est fait à présent des funestes pensées,
C'en est fait des mauvais rêves, ah! c'en est fait
Surtout de l'ironie et des lèvres pincées
Et des mots où l'esprit sans l'âme triomphait.
Arrière aussi les poings crispés et la colère
A propos des méchants et des sots rencontrés;
Arrière la rancune abominable! arrière
L'oubli qu'on cherche en des breuvages exécrés!
Car je veux, maintenant qu'un Etre de lumière
A dans ma nuit profonde émis cette clarté
D'une amour à la fois immortelle et première,
De par la grâce, le sourire et la bonté,
Je veux, guidé par vous, beaux yeux aux flammes douces,
Par toi conduit, ô main où tremblera ma main,
Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses
Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin;
Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie,
Vers le but où le sort dirigera mes pas,
Sans violence, sans remords et sans envie:
Ce sera le devoir heureux aux gais combats.
Et comme, pour bercer les lenteurs de la route,
Je chanterai des airs ingénus, je me dis
Qu'elle m'écoutera sans déplaisir sans doute;
Et vraiment je ne veux pas d'autre Paradis.

Paul VERLAINE

Mots

L' épousée - Sully PRUDHOMME

Elle est fragile à caresser,
l'épousée au front diaphane,
lis pur qu'un rien ternit et fane,
lis tendre qu'un rien peut froisser,
que nul homme ne peut presser,
sans remords sur son coeur profane.
La main digne de l'approcher
n'est pas la main rude qui brise
l'innocence qu'elle a surprise
et se fait jeu d'effaroucher,
mais la main qui semble toucher
au blanc voile comme une brise ;
la lèvre qui la doit baiser
n'est pas la lèvre véhémente,
effroi d'une novice amante
qui veut le respect pour oser,
mais celle qui se vient poser
comme une ombre d'abeille errante ;
et les bras faits pour l'embrasser
ne sont pas les bras dont l'étreinte
laisse une impérieuse empreinte
au corps qu'ils aiment à lasser,
mais ceux qui savent l'enlacer
comme une onde où l'on dort sans crainte.
L'hymen doit la discipliner
sans lire sur son front un blâme,
et les prémices qu'il réclame
les faire à son coeur deviner :
elle est fleur, il doit l'incliner,
la chérir sans lui troubler l'âme.

Sully PRUDHOMME

Mots

lèvre

IDEE CADEAU ANNIVERSAIRE MARIAGE

Idées Cadeaux Anniversaire & Mariage

eXTReMe Tracker